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jeudi 28 juillet 2011

Le bunker allemand




On l’appelle bunker, parce que c’est plus marrant, mais pour de vrai, il s’agit d’un abri de défense passive, comme on en trouve aussi des français dans le même réseau de galeries.  Mais bon celui là il est allemand, et du coup, ça rajoute encore au coté mystérieux, et chargé d’histoire. Cet abri a été construit sous le lycée montaigne, on y trouve encore des flèches directionnelles de l’époque, ainsi que plusieurs écrits sur les murs, en particulier « rauchen ist verboten » (interdit de fumer) . C’est assez grand, et un peu labyrinthesque… on se promène pour reconnaître des cuisines, toilettes, et surtout les portes blindées assez impressionnantes.
On trouve aussi des espèces de bidons, qui sont d’anciens toilettes allemands, et un escalier qui mène à … un mur.

 C’est assez étrange de se promener comme ça dans des vestiges du passé. On se sent un peu archéologue. On est loin de tout, mais aussi loin de tout repère. Dans son livre catacombes et carrières de paris, René suttel (un héros de la cataphilie), raconte qu’en se promenant près du bunker dans les années 40, un jour toutes les lumières se sont allumées. Il se cache dans un recoin, et après quelques minutes, le noir vient à nouveau. On ne saura jamais pourquoi les lumières se sont allumées à cet instant précis, mais on peut imaginer les frissons de celui qui risquait sa vie à ce moment la… Il raconte aussi que quelques années plus tard, en visitant le bunker, on pouvait reconnaitre les empreintes de chaussures allemandes. Aujourd’hui, on ne reconnait que de la terre battue, et les quelques bouteilles de bière laissées sur le coté après la dernière soirée. Mais même avec les quelques vestiges qui nous restent on peut traverser les époques, et se sentir bien loin, sous terre et dans le temps.


samedi 23 juillet 2011

La salle du bélier



C’est une salle assez proche de l’entrée. Si la plage donne un bon aperçu des superbes fresque qu’on peut croiser, la salle du bélier est un bon exemplaire du coté troglodyte. Pour y arriver, on passe par de l’eau, et des concretions sur les murs. Une méduse dégouline le long de la paroi. On se sent vraiment dans une grotte. La salle est petite, pas très haute de plafond, mais un banc tout autour permet de se poser et de discuter. Sur les murs quelques sculptures. Des gargouilles, grimacantes, un corps de femme nu, et puis des mosaiques aussi. Un joli dragon nous regarde alors qu’on ouvre notre paquet de chips. Cette salle j’y suis allée deux fois. Une fois, ou nous étions seuls tranquilles dans la salle, et la seconde, nous avons croisé deux hommes avec un fort accent. L’un nous a dit venir du cashmire, l’autre d’argentine. Drole de rencontre. Il nous semblait qu’ils se promenaient sans carte.
 




mercredi 20 juillet 2011

Sous la terre, la plage

Je vous ai raconté il y a quelques jours comment j’ai réussi à entrer dans ces carrières, aujourd’hui je voulais relater mes premières impressions. Sur le chemin, mes jambes tremblaient : est ce que ça allait être trop sportif ? est ce que je risquais d’étouffer (je suis asthmatique) ? est ce que je me sentirais enfermée ? est ce que nos guides allaient nous faire des bonnes vieilles blagues du genre « oh on vous a perdus huhuhu » ? enfin j’ai pris sur moi et j’ai avancé.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de voir. On m’avait parlé de cranes, on en a vu un. Le premier tunnel ressemble à un cercueil. Après avoir marché sur une vingtaine de mêtre pliés en deux, on peut enfin se mettre debout, dans le fameux tunnel taillé en cercueil. Quand on est impressionnable, c’est impressionnant. Et puis on arrive sur un boiulevard, plus large, un peu plus haut. Et là on se sent plus dans des caves. Sauf qu’il y a l’eau. Au début c’est des flaques. A ras de terre. Et puis quand on avance ça monte. L’eau est claire, limpide, sauf bien sur quand on est un groupe et que 5 personnes marchent devant nous. Alors à notre niveau, elle est bien marron et opaque. Mais elle reste saine, c’est juste de la boue. Côté lumière j’ai lu plein de textes sur des gens qui évoluent à tatons dans les galeries, soyons clair, c’est débile. On avait des lampes, et on y voyait… comme dans une cave éclairée. Et il vaut mieux : la plupart des trous sont protégés mais pas tout à fait tous. Et puis le plafond baisse bien par endroit. Et puis c’est un labyrinthe. Donc il faut de la lumière.
Finalement, là-dessous c’est très varié. Par endroit les concressions font penser à de la « vraie » spéléologie, des grottes, avec stalactites. A d’autres endroits, c’est plus de la spécléologie urbaine, des visites d’anciennes caves, d’anciennes brasseries. Quand on continue à se déplacer on découvre des grandes fresques taguées qui datent des années 80 en général. Bref tout à voir.
La première salle, la plus connue des cataphiles, c’est la plage. On l’appelle la plage parceque sur le chemin se trouve du sable, et la salle principale est décorée par des grandes fresques qui imitent les vues du mont fuji de hokkusai. En particulier la vue la plus connue, avec la grande vague. Il s’agit d’anciennes caves de brasseries, les murs sont en béton, et la plupart sont peints. Je vous laisse découvrir.

samedi 16 juillet 2011

une visite souterraine



J’ai beaucoup hésité à vous raconter ça, mais je ne résiste plus a raconter ma découverte de l’année.

Lorsque je suis arrivée à Paris, j’avais décidé de faire des choses que je ne ferais probablement qu’une fois dans ma vie. Les détails étaient un peu obscurs : le moulin rouge ? paris en bateau mouche? Mais je connaissais déjà une activité dont je rêvais : les catacombes. A ce moment là je ne savais pas vraiment de quoi il s’agissait : on m’avait parlé d’un réseau souterrain où il est possible (mais interdit) de se promener, pourvu que l’on trouve quelqu’un pour nous montrer l’entrée et nous promener.

Après avoir dit et répété à tous les parisiens que je connaissais que je rêvais de découvrir ces souterrains, à force d’insister, le collègue d’une amie s’est avéré être un guide potentiel. Un vendredi après midi j’ai reçu un texto qui me disait : « catas vendredi prochain ? ». Je ne suis peut être pas la plus grande trouillarde du monde, mais pas non plus la plus aventurière. J'avoue qu'apres avoir appris que le charmand garçon qui nous accompagnait avait participé activement à des émeute, et deja fait de la garde à vue, le vendredi, je me faisais pipi dessus. En plus bien sur on ne connaissait pas ses potes qui devaient venir aussi. Et puis quand j’ai réalisé que je stressais quand le metro s’arrete dans un tunnel, j’ai eu du mal à me projeter, me promenant pendant des heures sous terre, dans le noir, avec des grands rebelles. Et puis je savais que je serais fiere de moi, alors je n’ai rien annulé, j’ai juste inondé mes amis de textos qui décrivaient mes derniers voeux, prévenu certains qu’ils ne me reverraient peut etre pas. (le lendemain j'ai reçu beaucoup de coups de fils qui vérifiaient que je n'étais pas égarée sous terre). Le vendredi soir, je suis arrivée, équipée, avec deux lampes de poche et une couverture de survie, et un sac bien rempli. M’attendaient quelques amis, et les trois guides que je ne connaissaient pas, genre grands barraques, piercings, pas franchement effrayants (et plutot sympathiques, mais les cris qu’ils faisaient plus tard dans les galeries m’ont fait penser que j’étais heureuse qu’ils soient avec nous et pas dans un autre groupe :P

Après nous avoir expliqué comment se passerait l’entree, ils ont du me faire la courte echelle pour passer un mur, et apres une promenade en plein air, nous avons atteint un trou dans un mur par lequel il fallait s’engouffrait. Si je ne savais encore rien de ces galeries, il s’agit en fait de galeries fortifiées entre la fin du 18e et aujourd’hui. Depuis tres longtemps (si j’ai tout suivi, le 14e), des galeries ont été creusé pour l’exploitation de la pierre à paris. Ces galeries étaient un peu anarchiques, et représentaient des risques d’effondrements importants (qui ont fait s’effondrer des maisons en surface aussi). Vers 1780, on a décidé de solidifier tout ça. Des galeries ont été construites, solides et souterraines, correspondant pour certaines aux anciens tracés de carrières, et pour d’autres juste explorant le souterrain à la recherche des prochaines carrirèes. Ces tunnels suivent donc les rues de la surface, ou plutôt les anciennes rues. Dans le plus grand réseau, les tunnels s’étendent de saint michel à porte d’orléans, de montparnasse au val de grace… il existe d’autres réseaux en banlieue, à vincenne, dans le 13e, et dans le 16e, mais je n’ai pas eu l’occasion de les visiter.


Il y a beaucoup à raconter sur ces galeries, et mes prochains messages feront un peu office de guide, mais pour le moment je voulais raconter cette première entrée dans ce monde. Notre groupe assez hétéroclite a commencé à avancer dans les galeries sombres à la recherche de la première salle dans laquelle nous nous reposerions, la plage. Là, ils nous ont demandé si nous préférions ressortir par la même entrée, au sud, ou bien par une plaque d’égouts se situant près de saint Michel. Evidemment, pour mieux profiter de la découverte, la sortie qui nous permettait de ne pas répéter le même chemin nous plaisait plus. Notre guide officiel, F, (très sympathique, comme les autres d’ailleurs), qui n’était pas favorable à cette décision, craignant des imprévus, a donc refusé toute responsabilité, déléguant le groupe entier à ses amis T&T. La promenade a été finalement assez courte puisque le but était de ressortir avant le dernier RER, donc après quelques salles, et aucune rencontre, nous sommes arrivés dans le nord du réseau, près de St Michel. Là, l’amie qui m’avait dégotté un guide, qui était devant le groupe s’est arrêté net. On semblait perdus. Devant elle, un trou, qui ne semblait pas tout a fait de la taille d’un adulte. Elle s’est exclamé « on est perdus la hein ? pasque moi en tous cas je passe pas la ! ». T1 s’est approché, pour jeter un coup d’œil. Oui on semblait perdus. Il a insisté pour jeter un coup d’œil. J’étais un peu derrière et j’ai peut être mal compris, mais de ce que j’ai vu, le grand baraque a sauté dans le trou, plongé, il a été aspiré de l’autre coté. Puis plus de réponse. T2 s’est alors approché, et nous a dit que lui aussi allait jeter un coup d’œil. Lui s’est beaucoup moins débrouillé, et nous avons entendu des cris paniqués : chuis coincé ! alors que ses jambes gigotaient en l’air. La blague a duré 5mn. On se regardait, atterrés, nous demandant la part de vérité et de délire. Finalement il est passé. On a envoyé F pour qu’il nous dise si vraiment il fallait passer de l’autre coté. Après être resté coincé environ un quart d’heure (alors que les autres le torturaient de l’autre coté a moitié sorti), celui-ci nous a dit de le rejoindre. Un a un , nous avons donc rampé. Il s’agissait d’un trou qui permettait de passer sous un mur. Si dans un premier temps j’ai pensé que je ne passerais pas (même en faisant des efforts, je ne suis pas taillée en U, et j’ai du mal a ramper en me cambrant, sans utiliser les bras qui n’ont pas de place), finalement, je suis passée, comme tout le monde. La deuxième blague était une chatière, cette fois ci a environ un mètre trente du sol. Plus haute, mais encore moins large. Cette fois ci les bras n’avaient vraiment pas la place de passer en avant. Enfin hissée par mes amis derrière, j’ai réussi a passer. La dernière chatière nous permettait d’arriver… dans un réseau de fils électriques. Etrange. Déjà courbaturés, nous avons tous rampé.




Là à une centaine de mètres, T1 nous a dit qu’il fallait maintenant monter l’échelon pour pousser une plaque d’égouts. Seulement… la plaque ne bougeait pas. T1 hurle a T2 qu’il n’y arrive pas. Plusieurs effort. Faut il la dévisser, la pousser ? T2 monte. Ils essaient a deux. T1 descend. T2 descend. La plaque n’a pas bougé. Elle est scellée. S’ensuit une discussion sur « ah oui les flics ont du la sceller pasque pendant les manifs on leur jetait des plaques dessus ». soit. De toute façon tout parait bizarre dans les catas. Enfin ca ne réglait pas le problème. Il fallait repasser par les trois chatières.